5 paires de chaussures iconiques

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Katharine Hepburn, élégante dans ses mocassins

Il y a les chaussures qui collent à leur époque, sont le symbole de leur génération ou suivent les modes éphémères le temps d’une saison. Et puis il y a les souliers qui résistent aux diktats de la mode et se portent inlassablement, sans perdre une once de leur style élégant et intemporel.

Chez JULES & JENN, nous avons élu 5 paires de chaussures indispensables dans lesquelles il est bon d’investir, pour ne contrarier ni la planète ni nos envies d’être bien chaussé(e)s, et pour longtemps. Mais connaissez-vous l’histoire de ces souliers iconiques que vous avez peut-être dans votre armoire ?

Les ballerines

Portées autant par les hommes que par les femmes (avec ou sans talon) depuis le XVI siècle, ces chaussures plates inspirées par le monde de la danse furent baptisées « ballerines » en 1932, lorsque l’australien Jacob Bloch créa un atelier de confection de chaussons de danse retravaillés “pour la rue”. 

En France, elles connurent leur heure de gloire lorsque l’actrice Brigitte Bardot commanda à Rose Repetto une version urbaine de la chaussure de ballet, qu’elle porta avec allure en 1956 dans le film « Et Dieu créa la femme » de Roger Vadim. Madame Repetto avait en effet mis au point pour soulager les pieds de son fils Roland Petit la technique du « cousu retourné » qui consiste à coudre la semelle à l’envers avant de la retourner (technique aujourd’hui encore utilisée pour la fabrication artisanale de nos charentaises !).

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À gauche, la magnifique Brigitte Bardot en ballerines Repetto. À droite, la version JULES & JENN en cuir doré.

Plus tard, c’est Audrey Hepburn ou encore la Maison Chanel qui finirent par mettre les ballerines aux pieds de millions de femmes de tout âge à travers le monde. Leur confort, leur style parisien et leur élégance rare en font une pièce prisée saison après saison. Alors on danse ?

Les espadrilles

Inspirées des sandales égyptiennes ou andalouses (selon les versions), les “espadrilles” viennent d’un type de plantes que l’on brûlait et tressait pour fabriquer des semelles. Mais le plus curieux est qu’avant de se convertir en accessoire de mode, elles étaient considérées comme “les pantoufles des pauvres” car portées par les miniers, les paysans, les soldats (elles auraient été portées par les soldats du roi d’Aragon !) ou les pêcheurs de la Méditerranée. 

En France, l’espadrille serait née au XIIème siècle dans les Pyrénées catalanes, aussi bien du côté français que du côté espagnol. Quelques siècles plus tard, au XVIIIème siècle, un véritable artisanat s’implante dans le Sud-Ouest de la France, le Béarn et le Pays basque devenant alors le bastion de sa fabrication artisanale, grâce aux productions locales de chanvre (pour la semelle) et de lin (pour la toile refermant la chaussure).

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À gauche, Grace Kelly en espadrilles. À droite, la version JULES & JENN en coton recyclé beige.
© NANA PRODUCTIONS/SIPA

Après la première guerre mondiale, on leur ajoute une semelle en gomme, qui leur confère un usage plus tourné vers le loisir et séduit le monde de la mode. Dans les années 1960, Yves Saint Laurent à l’idée d’une espadrille à talon et rubans et des personnalités de tous bords commencent à les adopter pour les vacances : c’est un succès fulgurant et les déclinaisons se multiplient. Aujourd’hui encore, JULES & JENN les fabriquent toujours à Mauléon, dans la pure tradition basque et propose même une version plus écologique en toile de coton recyclée. Longue vie à l’espadrille !

Les mocassins en cuir

Qu’il triomphe ou qu’il divise, le mocassin (chaussant à l’origine uniquement les hommes), reste une pièce phare du vestiaire masculin. Même si son origine lointaine (soulier rustique des amérindiens) peut paraître anecdotique, on l’associe souvent au chausseur américain Georges Bass, qui se serait inspiré dans les années 1920 de pêcheurs norvégiens pour fabriquer une chaussure confortable en cuir, dont raffoleraient les étudiants. Ceux-ci les agrémentaient d’une pièce de 1 penny sous le plastron, le prix d’un appel téléphonique (d’où le nom « penny loafer ») créant avec leurs pantalons larges la tendance « Ivy League ».

Portés en week-end avec un pantalon de golf en Europe ou de manière plus habillé, façon derbies dans les années 1940, les versions s’enchaînent et ne se ressemblent pas. C’est dans les années 1950 que naissent les célèbres mocassins à glands portés par les Américains aisés. Un peu plus tard, c’est la marque de luxe italienne Gucci qui créera le mocassin à mors, dont le plastron est remplacé par un mors de cheval. Dans les années 1960, ce modèle sera porté par beaucoup de stars de cinéma et tous les jeunes de bonne famille l’arborent avec un costume.

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À gauche, Alain Delon et Romy Schneider en mocassins. À droite, la version JULES & JENN en daim.

Dans les années 1990 naît le mocassin à picots (très prisé en Italie) conçu pour conduire de manière confortable sans que le pied ne glisse sur les pédales… 

Si aujourd’hui encore, les mocassins sont associés à un style chic et habillé pour les hommes, ils sont portés de manière plus décontractée par les femmes, qui apprécient avant tout leur confort et leur souplesse. 

Les chaussures bateau

C’est en 1935, en promenant son chien « Prince », que Paul Sperry (né dans une famille de navigateurs du Connecticut) fut frappé par l’aisance avec laquelle son compagnon à 4 pattes se déplaçait sur un sol glacé… Lui qui était habitué à des glissades à répétitions sur son voilier, dont une qui avait failli lui coûter la vie ! Il imagina alors un soulier à la semelle antidérapante, grâce à de profonds sillons imitant les minuscules rainures dans les pattes de son chien. Après de nombreux essais, il finalise son modèle conçu pour résister à l’eau (et ne pas marquer le pont des bateaux) et… banco, il signe un contrat avec les marins de plaisance et l’US Navy en 1939, un énorme succès commercial.

Ce sont ensuite les classes sociales aisées dans le Maine, la Virginie ou les Hamptons qui l’adoptent à leur tour pour pratiquer le nautisme en famille. Elles grandissent en popularité dans les années 1960, notamment grâce à la famille Kennedy, qui est régulièrement photographiée en vacances dans la région.

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À gauche, les chaussures bateau portées par Errol Flynn. À droite, la version de JULES & JENN.
© 2019 BJM

Mais ce n’est que dans les années 1980 que sonne leur véritable heure de gloire, quand elles sont présentées dans l’influent guide «The Official Preppy Handbook». La chaussure devient alors un incontournable pour les vacances, emblématique du style Preppy de la côte Est américaine.

Leur prestige va alors s’étendre en Europe pour ne plus seulement être destiné aux virées en mer. Elles se portent désormais surtout en ville, le week-end, pour un look chic et décontracté, et se déclinent dans de nombreux coloris, plus ou moins classiques.

Les escarpins

Emblème de la féminité par excellence, l’escarpin (venant de l’italien scarpino, “petite chaussure”) était à l’origine porté… par des hommes ! Il doit en effet son origine aux bouchers de l’Égypte Antique qui l’utilisaient pour éviter de se tâcher les pieds de sang ! Au XVIe siècle à Venise, les « chopines », pantoufles de bois surmontées de hautes plateformes de 10 à 12 cm, sont cette fois-ci réservées aux dames pour leur permettre de ne pas salir leur robe. Au XVIIe siècle, la chaussure surélevée réapparaît, cette fois-ci ornée de dentelles, rubans ou autres pierres précieuses et séduit les nobles et bourgeois -hommes et femmes- à la Cour de Versailles, dans le but de se distinguer et de « ne pas se crotter dans la rue ». 

Ce n’est que dans les années 1920 que les escarpins deviennent essentiellement des chaussures pour femmes. Considérés comme un symbole d’émancipation, ils sont presque exclusivement portés en soirée. Ils prennent de la hauteur en 1950 : grâce à Charles Jourdan et Roger Vivier (qui travaillaient tous deux chez Dior), le talon aiguille est né !

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À gauche, des escarpins de Roger Vivier en couverture du n°409 de ELLE. À droite, les escarpins JULES & JENN.
© Magazine ELLE

De nombreux créateurs le déclinent alors à l’infini, comme Christian Louboutin, qui, trouvant les chaussures trop noires, décide en 1991 de peindre la semelle au vernis rouge ! Banco, les plus grandes stars internationales se l’arrachent.

Aujourd’hui, la petite chaussure à talon a fait du chemin pour devenir un accessoire de mode intemporel et incontournable. Une étude dit que les Françaises adorent les escarpins certes, mais que 76% d’entre elles admettent avoir une paire de ballerines lorsqu’elles portent des escarpins !

Alors, l’une de ces paires iconiques se trouve-t-elle dans votre placard ? Si oui, maintenant, vous connaissez son histoire !